4. Une rencontre eucharistique

Si rencontrer Jésus ressuscité, c’est aussi faire mémoire de lui, nous comprenons aussi que la vraie reconnaissance de Jésus ressuscité a lieu dans l’Eucharistie. C’est d’ailleurs le sens profond de la rencontre d’Emmaüs. Saint Luc conclut le récit des disciples d’Emmaüs en disant : « Ils le reconnurent à la fraction du pain » (Luc 24,25). Saint Luc veut sûrement évoquer l’Eucharistie à ce moment-là, il veut certainement nous enseigner que notre rencontre de Jésus ressuscité, c’est essentiellement dans l’Eucharistie que nous la vivons, dans la fraction du pain. Et en effet, l’Eucharistie est par exemple le lieu où l’Église fait mémoire et se souvient du Christ. Saint Luc qui a tant insisté sur l’activité de la mémoire dans la rencontre du Ressuscité est aussi le seul qui dans l’institution de l’Eucharistie, nous a laissé cette parole de Jésus : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22,1). C’est propre à Luc, cela. Il insiste vraiment beaucoup sur toute cette activité de la mémoire. L’Église pour saint Luc est donc la communauté qui se souvient de Jésus ; qui se souvient de ses paroles, des événements de sa vie qui en fait constamment mémoire dans l’Eucharistie et la contemplation, qui porte tout cela dans son cœur méditant chaque mystère et les comparant aux autres, découvrant de plus en plus comment toute l’histoire de Jésus et finalement toute l’histoire humaine forment un tout unifié, relié, symphonique, comment tout se tient et tient en Jésus ressuscité ; comment il est la signification de tout événement et ainsi, pour le regard de l’Église qui contemple comme cela, toute l’histoire individuelle et toute histoire humaine deviennent de plus en plus une grande apparition du Ressuscité dans la mémoire contemplative. Entrer dans cette prière, dans cette contemplation, c’est de plus en plus à travers sa propre vie et à travers la vie de l’humanité voir apparaître Jésus ressuscité, souvent d’une manière bien paradoxale comme cela a été pour Jésus : c’est à travers la mort et à travers la tristesse qu’ils sont entrés dans l’expérience du Ressuscité et c’est toujours comme cela pour nous aussi, à travers des déchirements. Mais si nous portons tout cela dans notre cœur même quand nous ne comprenons pas, nous savons qu’un jour nous comprendrons. Et je disais que l’espérance est liée au souvenir parce que en voyant comment le passé est accompli, est repris, nous savons aussi que tout l’avenir sera pris par Dieu en Jésus ressuscité, accompli, que tout notre avenir est en Dieu et c’est cette contemplation du passé qui fonde notre espérance pour l’avenir. Voilà donc pour saint Luc quelle est l’attitude de l’Église croyante, de l’Église qui sans cesse rencontre son Seigneur ressuscité dans l’eucharistie et dans sa prière contemplative. 

Et si telle est l’attitude de l’Église selon saint Luc, alors le fait que saint Luc par deux fois dans son Évangile donne la Vierge Marie comme modèle de cette attitude, comme modèle de cette foi qui se souvient et garde tout dans son cœur, cela prend une importance toute nouvelle. Marie apparait vraiment comme la figure même de l’Église dans son attitude essentielle. Et le cœur de Marie est comme le cœur de l’Église. L’Église est donc celle qui se souvient de Jesus ressuscité. Le modèle de cette attitude, c’est la Vierge Marie et nous pouvons encore faire un pas de plus en essayant de comprendre pourquoi il est tout fait normal et naturel que la mère de Jésus soit le type même de la mémoire ecclésiale.

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1. Le cœur chez saint Luc

Le cœur, c’est le lieu des pensées profondes et des interrogations importantes : le lieu où l’on se parle à soi-même et d’où naissent aussi les paroles que nous disons. Et c’est ainsi que le cœur en arrive, dans l’Évangile de saint Luc, à désigner la personne elle-même dans sa décision pour ou contre Dieu.

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3. Mémoire de la résurrection

Pourquoi est-ce que rencontrer le Ressuscité implique toute une activité de la mémoire ? Parce que rencontrer Jésus ressuscité, c’est le rencontrer tout entier ; c’est donc retrouver aussi tout le passé de Jésus, tout ce qu’on a vécu avec lui, toutes ses paroles, tout son mystère.

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5. Le Cœur de Marie

Porter le nom de Sœurs du Saint-Cœur de Marie, cela veut dire entrer dans l’activité même qui a été celle de ce cœur : se souvenir de Jésus, garder présents, vivants dans son cœur, les événements, les paroles de Jésus, tout ce qui le concerne.

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