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L'habit des Sœurs du Saint-Cœur de Marie de 1859 à nos jours...

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L’habit appartient à l’histoire et, d’une certaine manière, la raconte. Du béguinage où l’on était (quasiment) guimpé, à nos jours où seul un signe distinctif, mais commun à toutes, nous identifie (une croix de bois), c’est une fidélité inventive qui se dessine, comme en témoignent ces petites poupées de bois, réalisées par sœur Marie-Justine en témoignage du passé. Les quatre habits sont témoins en réalité de trois époques, comme expliqué ci-dessous…

1859

Au commencement (1859) le costume de Mère Gonzague et des premières sœurs est celui des Béguines de nos régions : Alsemberg est issu du Béguinage de Nivelles et Mère Gonzague, d’abord entrée à Alsemberg, n’a pas cru bon d’y rien changer.

Dans les premières Constitutions de 1869, inspirées sur ce point des Dames du Sacré-Cœur de Sophie Barat, on trouve deux classes de sœurs, les sœurs enseignantes et les sœurs coadjutrices, et il y aura donc deux habits. Les unes font vœu, en plus de la pauvreté, de la chasteté et de l’obéissance, de se « consacrer à l’éducation de la jeunesse, conformément à l’esprit de notre institut », les autres, « le vœu de stabilité telle qu’elle est entendue dans nos constitutions ».

En 1984 et 1985, sœur Marie-Claire décrivait ce costume qu’elle a porté durant 7-8 ans :

∼ Chemise longue à manches jusqu’aux coudes, coton en été, molleton en hiver

∼ Culotte longue jusqu’aux genoux, ouverte ou fermée

∼ Mouchoir de cou en triangle

∼ Jupon clair ou foncé à coulisses

∼ Deux grandes poches piquées sur un cordon

∼ Une robe d’une pièce ; corsage serrant, fermé par des agrafes ; manches étroites ; jupe très ample et longue, froncée ; deux fentes pour les poches

∼ Pièce rectangulaire attachée par deux épingles de sûreté et maintenue à la taille par un tablier à longs cordons attachés devant : noir pour la chapelle et sorties, coton couleur bleue pour le travail ; à gauche, une petite poche au corsage pour y mettre une montre suspendue à un cordon noir

∼ Long chapelet attaché à un crochet

∼ Une croix assez grande pendue à un cordon noir ; on la recevait aux premiers vœux

∼ Bas noirs en laine, tenus par des jarretières

∼ Souliers noirs

∼ Cape noire comme les béguines pour sortir

∼ Pour la coiffe, celle que j’ai portée était plus pointue que celle de Mère Gonzague. Un bonnet à coulisse, une pièce amidonnée à laquelle on donnait la forme avec des épingles ; voile épais en hiver, léger en été

∼ Gants : laine ou coton

1930

En 1917 est publié le premier Code de droit canonique ; il entraîne avec lui la nécessité d’écrire de nouvelles Constitutions et règles (1931).

On n’y trouve plus deux classes de sœurs, même si certaines, comme sœur Odile, porteront le costume des sœurs coadjutrices jusqu’à leur mort (1959). En 1930, un nouveau costume apparaît.

Dans les Constitutions et Règles de 1931, on écrit : 

« Les postulantes auront un voile pour coiffure » (p. 9)

« Les religieuses porteront une robe noire, un scapulaire de même couleur brodé d’un M bleu, une guimpe et un couvre-chef blanc, une cape blanche amidonnée recouverte d’un voile noir, une ceinture de cuir noir et un grand chapelet » (p. 10)

« Que les habits soient portés avec la bienséance, la modestie et la simplicité qui conviennent aux épouses de Jésus-Christ » (p. 126).

1963

En 1963, pour faire écho à l’aggiornamento conciliaire, et poussées par le Cardinal Suenens et sa volonté de réforme de la vie religieuse surtout féminine, un nouvel habit est confectionné ; sœur Marie-Bernard  est choisie pour le défilé de mode.

1988 à nos jours...

Dans les plus récentes Constitutions (1988), on peut voir que le peu d’indications sur l’habillement s’abrite dans la vie de chasteté ; le numéro 17 de Perfectae caritatis (1965), tout aussi économe, mettait plutôt l’habit religieux en correspondance avec le vœu de pauvreté et la vie apostolique. Concrètement, les sœurs de la congrégation ne portent plus d’habit religieux au sens strict, mais s’identifient clairement par une croix de bois marquée du « M » traditionnel surmonté d’une croix.

« La prière et les relations dans les communautés, le style de vie et la façon de se vêtir de toutes, le discernement et la sagesse de celles qui exercent l’autorité nous aideront à nous livrer, selon notre vocation, à Dieu suprêmement aimé (LG 44) » (p. 71 = Textes fondamentaux, « IV. Dans la chasteté »).

« La manière de se vêtir des sœurs et leur comportement doivent proclamer et refléter toujours et partout leur consécration (CIC, c. 669, § 1) » (p. 125 = Statuts « Dans la chasteté », n°174).

« La croix ecclésiastique signifie notre consécration religieuse au Christ. La croix de la Congrégation est portée dès l’entrée au noviciat. En signe de consécration définitive, l’alliance est remise lors de la profession perpétuelle (c. 669, § 1) » (p. 125 = Statuts « Dans la chasteté », n°175).

« Les novices se vêtiront sobrement et harmoniseront leur extérieur au mystère qui les habite comme aux usages les plus sûrs de la Congrégation (c.669, § 1) » (p. 146 = Statuts « Former le Christ », n°253).

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