
Une nouvelle supérieure générale a été élue
Rassemblées dans leur maison-mère de La Hulpe au début du mois d’août 2026, les Sœurs du Saint-Cœur de Marie ont procédé à des élections importantes : celles de la supérieure générale et de son conseil.
Un chapitre d’institut religieux, c’est, comme dans un livre, un moment du récit qui a commencé pour nous déjà en 1859 et qui vient de connaître un long temps de réflexion et d’orientation : il s’agissait de savoir où nous en sommes, dans notre parcours, et quelles routes prendre, dès maintenant, jusqu’à la prochaine étape capitulaire.
Pendant deux bonnes années, depuis l’automne 2023, nous avons patiemment écouté, grâce à la méthode de « conversation spirituelle » que nous a transmise une religieuse d’un autre institut, ce que l’Esprit de Jésus semblait nous dire.
Tout d’abord, trois journées de réflexion en 2023-2024 nous ont conduites à examiner, durant l’été 2024, chacun des trois thèmes qui s’étaient alors progressivement dégagés : comment vivre en relation (entre nous et avec tout notre contexte), quelle fécondité espérer (en accueillant des jeunes ? autrement ?), que décider pour l’avenir des trois communautés que nous formons (dans trois maisons différentes). Nous avons alors déjà pris, sur chacun des thèmes, des orientations certes fondamentales, mais encore très générales.
Ensuite, durant trois autres journées échelonnées en 2024-2025, nous avons approfondi, avec l’aide d’intervenants extérieurs, chacun des sujets pour continuer à écouter l’Esprit saint, et nous affermir dans le discernement des enjeux. Il allait falloir décider.
Ainsi, durant l’été 2025, nous avons pris trois demi-jours pour formuler des propositions concrètes dans ces trois domaines, et les passer au vote. D’autres sujets plus canoniques étaient aussi au programme, nous en avons reporté la conclusion au 8 novembre prochain.
En attendant cette clôture, nous aimerions partager quelque chose de cette longue écoute, pour que d’autres se réjouissent avec nous de ce qui nous a été donné – C’est sœur Annick et sœur Odile qui se font témoins de ces jours de partage et de réflexion.

Rassemblées dans leur maison-mère de La Hulpe au début du mois d’août 2026, les Sœurs du Saint-Cœur de Marie ont procédé à des élections importantes : celles de la supérieure générale et de son conseil.

Il a suffi ! que je me pose ces questions pour que Dieu « attrape » ces deux balles au bond et me fasse prendre conscience que, sur ma route, des témoins de son Amour déjà me guidaient vers Lui et que d’autres m’étaient et me seront encore promis.

Je suis entrée dans la vie religieuse à 16 ans et quelques, en 1965. Comment devient-on religieuse quand on n’aime pas les bonnes sœurs, comment le reste-t-on, qu’est-ce qu’on y fait, quel sens cela a-t-il d’être célibataire pour l’amour de Dieu ?
Présenter, sur le modèle d’autrefois, un horaire-type qui reflète notre vie d’aujourd’hui n’est guère possible. La Loi de Vie de 1967 écrivait déjà : « Tu es pauvre du temps qui appartient à Dieu, ce qui nécessite un effort de travail sérieux, dans une totale disponibilité intérieure ». Nos journées n’échappent évidemment pas à toute structure ou à toute rencontre commune, mais c’est la mission qui leur donne forme, à l’intérieur du cadre communautaire : chaque sœur œuvre au nom de toutes là où elle a reçu de la supérieure générale de manifester la mission confiée par l’Église à la Congrégation. La communauté, par des rendez-vous quotidiens (temps de prière, de services et de repas partagés) mais aussi des réunions fréquentes (rencontres d’échanges en tous genres) soutient ainsi la vie de tout le corps, grâce à une miséricorde toujours à recevoir à nouveau ensemble de la Bonté de Dieu.
Les Constitutions de 1988, demandent, au chapitre sur la pauvreté, que « chaque communauté adapte son style de vie aux nécessités des personnes et de l’apostolat ». L’écoute persistante de « ce que l’Esprit dit aux Églises » – dans la Congrégation, la communauté et l’existence de chacune – modèle ainsi le temps commun et personnel, que ce soit à l’échelle de la journée, de la semaine ou de l’année. Et c’est, comme autrefois, toujours dans l’Eucharistie que l’oraison personnelle, les temps de récollections ou de retraites, et les autres formes de ressourcement trouvent leur fondement et leur sommet.
D’après les notes manuscrites de Sœur Marie-Claire (1981 et 1985)
«On ne sonnait pas quand les pensionnaires étaient là. Sœur Antonia passait dans les dortoirs en disant : “Venite, Adoremus”»
«À la chapelle ; on descendait en pantoufles.
Prière du matin ; très longue, environ 20 minutes. Une suite de prières dont j’ai oublié le texte. Il y avait entre autres les 10 commandements de Dieu, les 5 commandements de l’Église, tous les actes, et cela se terminait par : “Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu ?”. Méditation jusque 6h00. La Révérende Mère s’asseyait, le dos au mur, à côté du confessionnal, lisait passage par passage la méditation, le saint du jour ou un livre de la spiritualité de l’époque, souvent d’un jésuite.»
«Temps libre pour mettre ses souliers.
Certaines s’occupaient du lever des enfants qui allaient toutes à la messe, sauf celles du petit dortoir.»

«Déjeuner, toujours en silence ; chaque vendredi à genoux. Lecture par la Révérende Mère de quelque passage de la Sainte Règle.»
«Après déjeuner, on allait à son travail.
Les classes commençaient à 8h30.»
«Examen à la chapelle, terminé par l’Angelus.» Elle ajoute : «C’est notre sœur Laurence qui m’a, mot à mot, appris les 5 points d’examen selon saint Ignace. Je m’en sers encore.»
«Dîner. Début en silence. Chacune avait son tour pour la lecture. Au dîner, une sœur lisait une vie de saints (je l’ai fait longtemps).»
«Récréation en communauté. Aucune ne pouvait quitter la place sans permission.»
À 16h00 : «Goûter en silence»
«La Révérende Mère disait une prière et puis 5 Pater, 5 Ave, les bras en croix.»
«On se réunissait en communauté. Lecture jusque 18h30. La Révérende mère lisait des livres de formation religieuse. On pouvait coudre pendant cette lecture.»
«Salut mercredi, jeudi, samedi. Les autres jours, chapelet et litanies de la Sainte Vierge.»
«Examen de conscience dont les points différaient. Consécration au Sacré-Cœur devant la statue du Sacré-Cœur dans le corridor. La Révérende Mère donnait la bénédiction.»
«Coucher rapide. Tout était éteint ¼ d’heure après.»
D’après les Premières Constitutions
À 5h30, l’oraison commence par l’Angelus, et s'achève par la «revue de l’oraison»
Le temps de classe pour les enfants est interrompu à 10h00 par la récréation qui se poursuit par l’étude.
Le dîner des Sœurs est précédé de l’Angelus et du Benedicite. Il se conclut par les Grâces. Un temps de lecture et de récréation le poursuit.
Le temps de classes de l'après-midi est suivi du goûter des enfants.
Constitutions 1869 : «À neuf heures moins 5 minutes, réunions extraordinaires de la communauté par ordre de la supérieure.»
À la prière du soir, on lit les points d’oraison du lendemain, et on fait l’examen de conscience.
«Un quart d’heure avant la fin de la prière de l’examen, la visitatrice sonnera le coucher par trois coups ; à ce signal, toutes les personnes de la maison doivent se mettre au lit, si elles n’y sont déjà, et éteindre la lumière.»