Adieu, sœur Gabrielle
Elle nous a permis d’entrevoir comment, dans le Royaume de Dieu, le plus grand n’est pas celui qu’on pense.
C’était son dernier anniversaire à La Hulpe, le 26 mai 2026, elle fêtait ses 89 ans ; elle devait nous quitter 6 jours plus tard, le 1er juin, à la Résidence du Lac de Genval où elle séjournait depuis cinq ans environ. Deux sœurs et trois amies s’étaient relayées cette après-midi-là auprès d’elle. Il y avait 72 ans qu’elle avait rejoint notre Congrégation, le 2 février 1954, à l’aube de ses 17 ans.
Les petits mots oraux ou écrits reçus de toutes parts dès que son décès a été connu sont très émouvants, d’autant qu’ils disent la profondeur des attachements qu’elle a suscités au long de son existence. Un moment très intense s’est produit, une semaine après ses funérailles, quand a surgi à La Hulpe, au milieu d’une réunion des sœurs, un grand bonhomme caché derrière un immense bouquet de fleurs : c’était Jean-Luc, un des anciens du Centre de Malaise (fermé en 1979), qui venait de passer au cimetière honorer la tombe de son frère, et qui a découvert, stupéfié, celle de sœur Marie-Gabrielle ! Il fallait qu’il courre à la maison-mère de La Hulpe (où il était déjà venu, comme il avait déjà visité la résidence du Lac) pour dire son immense chagrin, de n’avoir pas été prévenu (mais comment gérer un tel carnet d’adresses ?) et surtout de perdre ainsi le plus précieux des soutiens qu’il connaissait sur la terre, et qu’il n’a pas craint d’évoquer comme sa Maman… Son don d’écoute a rendu courage à bien des personnes dont elle a reçu plus d’une fois des confidences fort intimes, dans une simplicité discrète qu’aucun jugement ne venait altérer.
Plutôt que vers la couture où l’orientait sa formation professionnelle, elle fut dirigée vers la cuisine, où elle excella toute sa vie : au Centre d’Observation de Malaise-Overijse (pour enfants de 3 à 14 ans), à la Fondation Dugniolle-Querton de La Hulpe (pour dames en convalescence), au Centre spirituel Notre-Dame de la Justice de Rhode-Saint-Genèse (pour retraitants de tous âges). Elle a fait de ce service onéreux et caché un poste stratégique, où tous pouvaient rencontrer sa présence accueillante, entendre son rire et, si l’on était chanceux, trouver ses inoubliables gaufres. Elle vécut successivement dans les communautés de Sougné-Remouchamps, de la maison-mère, du noviciat de Malaise, de Rhode-Saint-Genèse, et finalement de La Hulpe.
Quand des problèmes de santé l’ont conduite à des séjours hospitaliers plus ou moins longs, elle en revenait toujours avec de nouveaux noms dans le plus précieux de ses trésors : le carnet des numéros des adresses et téléphone, qu’elle utilisait quasi quotidiennement. Servie par une mémoire sans faille, sa fidélité aux relations les plus anciennes ou les plus fortuites se traduisait par sa prière – que de noms dans son cœur ! –, sa constante attention aux correspondances postales et, bien entendu, aux appels téléphoniques, brefs mais toujours chaleureux.
Résistante à la douleur, courageuse dans ses infirmités, elle trouvait sa confiance dans la proximité des saints, de la Vierge Marie, de saint Joseph, du Seigneur lui-même à qui elle rappelait sans relâche toutes les intentions qu’elle portait, pour les plus proches comme pour les plus lointains. Sa famille lui importait beaucoup et réciproquement.
Elle nous a permis d’entrevoir comment, dans le Royaume de Dieu, le plus grand n’est pas celui qu’on pense et on pouvait recevoir beaucoup de sa sagesse.
C’était son dernier anniversaire à La Hulpe, le 26 mai 2026, elle fêtait ses 89 ans ; elle devait nous quitter 6 jours plus tard, le 1er juin, à la Résidence du Lac de Genval où elle séjournait depuis cinq ans environ. Deux sœurs et trois amies s’étaient relayées cette après-midi-là auprès d’elle. Il y avait 72 ans qu’elle avait rejoint notre Congrégation, le 2 février 1954, à l’aube de ses 17 ans.
Les petits mots oraux ou écrits reçus de toutes parts dès que son décès a été connu sont très émouvants, d’autant qu’ils disent la profondeur des attachements qu’elle a suscités au long de son existence. Un moment très intense s’est produit, une semaine après ses funérailles, quand a surgi à La Hulpe, au milieu d’une réunion des sœurs, un grand bonhomme caché derrière un immense bouquet de fleurs : c’était Jean-Luc, un des anciens du Centre de Malaise (fermé en 1979), qui venait de passer au cimetière honorer la tombe de son frère, et qui a découvert, stupéfié, celle de sœur Marie-Gabrielle ! Il fallait qu’il courre à la maison-mère de La Hulpe (où il était déjà venu, comme il avait déjà visité la résidence du Lac) pour dire son immense chagrin, de n’avoir pas été prévenu (mais comment gérer un tel carnet d’adresses ?) et surtout de perdre ainsi le plus précieux des soutiens qu’il connaissait sur la terre, et qu’il n’a pas craint d’évoquer comme sa Maman… Son don d’écoute a rendu courage à bien des personnes dont elle a reçu plus d’une fois des confidences fort intimes, dans une simplicité discrète qu’aucun jugement ne venait altérer.
Plutôt que vers la couture où l’orientait sa formation professionnelle, elle fut dirigée vers la cuisine, où elle excella toute sa vie : au Centre d’Observation de Malaise-Overijse (pour enfants de 3 à 14 ans), à la Fondation Dugniolle-Querton de La Hulpe (pour dames en convalescence), au Centre spirituel Notre-Dame de la Justice de Rhode-Saint-Genèse (pour retraitants de tous âges). Elle a fait de ce service onéreux et caché un poste stratégique, où tous pouvaient rencontrer sa présence accueillante, entendre son rire et, si l’on était chanceux, trouver ses inoubliables gaufres. Elle vécut successivement dans les communautés de Sougné-Remouchamps, de la maison-mère, du noviciat de Malaise, de Rhode-Saint-Genèse, et finalement de La Hulpe.
Quand des problèmes de santé l’ont conduite à des séjours hospitaliers plus ou moins longs, elle en revenait toujours avec de nouveaux noms dans le plus précieux de ses trésors : le carnet des numéros des adresses et téléphone, qu’elle utilisait quasi quotidiennement. Servie par une mémoire sans faille, sa fidélité aux relations les plus anciennes ou les plus fortuites se traduisait par sa prière – que de noms dans son cœur ! –, sa constante attention aux correspondances postales et bien entendu, aux appels téléphoniques, brefs mais chaleureux.
Résistante à la douleur, courageuse dans ses infirmités, elle trouvait sa confiance dans la proximité des saints, de la Vierge Marie, de saint Joseph, du Seigneur lui-même à qui elle rappelait sans relâche toutes les intentions qu’elle portait, pour les plus proches comme pour les plus lointains. Sa famille lui importait beaucoup et réciproquement.
Elle nous a permis d’entrevoir comment, dans le Royaume de Dieu, le plus grand n’est pas celui qu’on pense et on pouvait recevoir beaucoup de sa sagesse.
